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Quelques règles pour rester amoureux

Garder une relation amoureuse vivante représente un travail constant, mais les bénéfices que l’on en tire valent qu’on se donne du mal. Hommes et femmes sont responsables à part égale de leurs victoires comme de leurs échecs. A l’occasion de notre travail avec des couples, nous avons découvert qu’il existait des pièges prévisibles, mais qu’on pouvait aussi savoir quels conseils réussissent. Les bonnes intentions et la foi dans l’amour sont nécessaires, mais elles ne suffisent pas à garantir la vitalité, la solidité, pas plus que la croissance et l’évolution heureuse du lien au fil des années. Il faut plus que cela. Précisément, il est essentiel d’avoir conscience des convictions subtiles, des actes et des attitudes qui nous permettent de respirer la joie de vivre dans le contexte d’une relation amoureuse.

Règle n° 1 :LES RELATIONS NE NAISSENT PAS TOUTES SEULES, NOUS EN SOMMES LES CRÉATEURS


Les rencontres et leurs incertitudes

La plupart d’entre nous grandissent en croyant à la magie, à l’alchimie amoureuse. L’amour paraît délicieux, inexplicable et finalement hors de tout contrôle. Nous « tombons » amoureux. Nous ne décidons pas consciemment de devenir amoureux, c’est quelque chose qui nous arrive, tout simplement, que nous observons avec plaisir et surprise. Les récompenses de l’amour n’ont pas de prix, mais il nous en coûte de les obtenir. Les relations harmonieuses n’existent pas « comme ça », elles sont le fruit d’un effort et d’un travail conscients. Pour qu’existe une relation amoureuse riche et satisfaisante, il est nécessaire d’adopter une attitude plus active. L’amour exige de savoir ce dont a besoin l’être aimé pour être heureux et comblé. Il exige d’être honnête avec soi-même quant à nos sentiments véritables et notre désir spontané de donner. Peut-être plus important encore, il faut que nous nous sentions bien face à l’action. Car, sans action, il ne peut y avoir au mieux que des paroles, au pire des griefs, des reproches, et l’apparition progressive d’attitudes et de sentiments destructeurs. Le cours d’une relation amoureuse n’est jamais déterminé par la chance ou le destin ; il résulte de décisions constantes dont chaque partenaire est responsable. Même quand ni l’homme ni la femme ne se rendent compte de l’impact qu’ont sur leur lien les actes qu’ils accomplissent ou sont incapables, ces actions ou non-actions modèlent et transforment ce lien. Nous sommes tous conscients de la manière dont nous nous comportons au début d’une liaison. Mais, malgré les meilleures intentions, bon nombre d’entre nous deviennent paresseux, chemin faisant, et moins sensibles à l’impact de leurs actes. Pourtant, ces relations amoureuses ne sont jamais statiques : elles croissent ou s’étiolent de façon subtile. Jusqu’au bout, nous portons la responsabilité des qualités de vitalité et de la chaleur de notre amour. Si vous comprenez et acceptez cette règle, vous ne vous sentirez ni écrasé ni frustré, mais plus fort. Lorsque vous avez conscience que, de vous, dépend le cours que va prendre cet amour, que vous pouvez modeler votre propre destinée, vous êtes tout espoir et optimisme. Au lieu de n’être qu’un observateur passif, vous participerez activement à votre quête.

Règle n° 2 : L’AMOUR PEUT S’ASSOUPIR MAIS IL NE MEURT JAMAIS

Toute personne mariée craint secrètement que le destin ultime de son mariage ne soit la stagnation. Maintenir un lien avec une autre personne peut être si ardu et le divorce prévaut tellement de nos jours que nous craignons tous que l’amour ne s’évanouisse et ne meure. Ces angoissantes spéculations sont engendrées par des mythes liés au caractère magique de l’amour : s’il naît mystérieusement, il peut disparaître tout aussi étrangement. Ne peut-on cesser d’être amoureux aussi facilement qu’on l’est devenu ? Cependant, malgré ces craintes, l’amour meurt rarement. Certes, lorsque les gens divorcent, ils font tout pour qu’aucune cendre ardente ne puisse se réveiller : il leur faut se sentir en paix avec la décision qu’ils ont prise. Mais, quand l’amour semble absent de la relation, c’est que quelque chose d’autre l’a éclipsé. Les sentiments négatifs ont tendance à masquer ou à faire taire les sentiments positifs. Lorsque nous sommes en colère, frustrés ou déçus, nous permettons à ces sentiments de prévaloir sur l’amour et le désir. L’indifférence émotionnelle nous sert de masque qui nous évite de dévoiler notre peine et notre colère. L’engourdissement affectif devient un moyen de défense contre le risque d’aimer à nouveau. Par conséquent, lorsque l’amour s’assoupit, seule cette face négative nous est révélée. L’amertume cache la douceur d’un amour qui, naguère, était tout à fait clair : de là vient l’idée que l’amour et la haine sont étroitement liés. En fait, lorsque nous exprimons notre colère et attaquons violemment notre partenaire en paroles, ce n’est pas la simple manifestation d’un amour blessé, mais peut-être, en fait, une envie de contact, un désir qui se manifeste de façon tortueuse et détournée. Lorsque des choses désagréables se produisent dans un mariage, nous ressentons le besoin de nous protéger. Nous craignons d’être blessés et rejetés, nous nous replions sur nous-mêmes et finissons par nous convaincre que l’amour est mort. Mais il ne l’est pas. Et il peut revivre. Comprendre que ces sentiments profonds et positifs peuvent n’être qu’assoupis et non disparaître ouvre de nouvelles perspectives à celui qui veut ressusciter une relation amoureuse. Commencez par faire la différence entre ce que vous ressentez maintenant et cé que vous éprouviez au début de la relation. Rappelez-vous que l’amour ressenti alors était réel et qu’il en subsiste quelque chose. L’amour peut revivre, mais gare aux effets négatifs du faux orgueil et de l’entêtement. Ceux qui ont toujours besoin d’avoir raison et cherchent à se venger ne parviennent jamais à redonner vie à ce qui a existé autrefois. Tout d’abord, il faut identifier clairement la source de votre colère et de votre tristesse. Puis exprimer totalement vos sentiments pour ensuite pardonner et accepter. Il vous faut être motivée pour faire le nécessaire : il est donc impératif que vous vous rappeliez l’amour éprouvé autrefois, que vous redonniez vie aux souvenirs et aux images de cet amour et de ce désir qui ont existé. Lorsque les facteurs négatifs qui paralysent l’amour sont isolés puis chassés ou écartés, les sentiments positifs peuvent alors réapparaître.

Règle n° 3 : UN PARTENAIRE N’EST PAS UNE SOLUTION

Les bénéfices que nous tirons d’une relation amoureuse sont tellement vantés que nous finissons par croire que l’amour est l’antidote contre tous nos soucis. On promet que la vie sera pleine, merveilleuse, extrêmement gratifiante. Nous en arrivons à nous convaincre que les vieilles blessures se fermeront et que nos insécurités seront apaisées. Nous avons tous nos propres zones de vulnérabilité et, à un certain niveau, nous entretenons tous de vieilles fragilités. Certes, l’amour est un processus particulier permettant d’établir un contact, d’éveiller attention et dons merveilleux, mais ce n’est pas la solution à nos problèmes intérieurs. L’amour peut être Une des plus grandes expériences de la vie, mais ce n’est pas la vie elle- même. Avoir le sentiment que vous ne faites qu’un avec l’être aimé est quelque chose de magnifique, mais ce n’est jamais littéralement vrai. Aussi intime ou intense que soit votre union ou votre mariage, vous demeurez des individus, même si vous formez aussi un couple. Malheureusement, nous grandissons tous sous l’influence de forces culturelles et sociales qui nous poussent à adopter des stratégies susceptibles de renforcer l’estime que nous nous portons. Nombre de ces stratégies ont une valeur douteuse, et d’autres sont réellement dangereuses et conduisent à l’échec. Par exemple, traditionnellement, on disait des hommes que l’argent et la réussite financière les comblaient et des femmes que l’amour et le mariage leur assuraient des avantages illimités. L’argent et le mariage sont sans aucun doute désirables, mais on ne peut y voir la panacée contre la douleur née de vieilles blessures ou déceptions. Comprenez que vous êtes responsable de votre propre « guérison ». Un partenaire peut apporter un soutien et guérir la souffrance d’un cœur solitaire, mais il ne peut pas effacer les expériences passées qui ont engendré des sentiments de doute et d’incapacité à vivre. Lorsque nous chargeons notre partenaire de tous nos espoirs, nous ne pouvons qu’être déçu, et l’être que nous aimons en éprouvera du ressentiment. Ces espoirs sont des fantasmes porteurs d’échec et nous apportent rarement un soulagement. De plus, même quand une union nous fait nous sentir mieux avec nous- même, il faut que nous intériorisions ces sentiments agréables pour qu’ils puissent durer. Sinon nous n’avons fait qu’investir notre partenaire d’un pouvoir incroyable. S’il nous quitte, nous restons seul et dépossédé de toute l’image saine de nous-même. Ayons le courage de nous regarder sous un jour positif. Apprenons à nous aimer nous-même, d’abord, sans quoi nous ne nous considérerons jamais comme authentiquement digne d’estime ou ne serons jamais capable d’aimer quelqu’un d’autre.

Règle n° 4 : L’AMOUR EST UNE HISTOIRE D’ACCEPTATION, NON DE CHANGEMENT

Trop souvent, nous croyons bêtement que l’amour et le mariage nous autorisent à transformer quelqu’un. Nous pensons qu’il est juste de corriger les défauts de la personne que nous aimons, même si, ce faisant, nous courons le risque de réduire ces qualités mêmes qui nous la rendent chère. Au nom de la communication et du partage des sentiments, nombre de gens aujourd’hui croient qu’il est parfaitement normal d’exiger de leur partenaire qu’il change. Il est certes important d’exprimer ses doléances et ses insatisfactions, mais il ne faut pas aller trop loin. Sous couvert de candeur et d’honnêteté, nous essayons souvent de transformer la personnalité de notre partenaire. Cela ne marchera pas. Même lorsqu’un partenaire semble se plier à notre désir, il (ou elle) opposera inconsciemment une résistance. Le mariage véhicule un mythe courant : à savoir que toutes les questions peuvent être débattues en famille et faire l’objet de marchandages. Rien n’est plus éloigné de la vérité. Bien des problèmes qui interviennent entre les femmes et les hommes ne se prêtent pas à négociations. Il n’y a aucun mal à cela, et cela n’indique ni un manque d’amour ni une diminution de la sensibilité à l’autre d’un des partenaires. Tous, nous possédons des facettes qui font partie de notre identité et de notre personnalité qui ne sont pas nécessairement destructrices ou blessantes, et ne peuvent être modifiées. C’est vrai, certaines choses peuvent et devraient être négociées si elles sont intolérables. Néanmoins, peut-être faut-il que vous reconsidériez le sens de la phrase : « Pour le meilleur et pour le pire ». Cette phrase, prononcée au cours de la cérémonie traditionnelle du mariage, entendait nous rappeler que nous avons tous des défauts et des manques. En outre, plus nous nous connaissons, plus nos défauts deviennent évidents. C’est précisément le moment où l’amour et l’acceptation véritables doivent entrer en jeu. Souvent, même dans les premières douleurs de l’amour, nous essayons de changer l’être aimé. Nous sommes d’abord attiré par les différences, puis nous cherchons à détruire systématiquement ces qualités uniques qui nous ont séduit au départ. Les différences peuvent faire peur, au niveau émotionnel. C’est comme si nous les prenions à notre compte, comme si elles impliquaient un rejet ou la négation de ce que nous sommes, de ce à quoi nous accordons de la valeur. En réalité, aimer signifie accepter les défauts de l’autre et chérir ce qu’il a de particulier. Même le changement qui semblerait servir l’intérêt de l’autre peut ne pas être considéré comme tel. Souvent, les tentatives pour obliger l’autre à changer constituent implicitement une critique. Le changement, même justifié et s’il est possible, ne survient que lorsque la personne qui change agit parce qu’elle désire le faire. En outre, ce désir est toujours précédé chez elle du sentiment qu’elle est aimée et acceptée.

Règle n° 5 : LES AMOUREUX NE LISENT PAS DANS LES PENSÉES


Les rencontres et leurs mésaventures

Un des fantasmes de l’amour veut que notre partenaire nous connaisse comme jamais personne ne l’a fait ; qu’il (ou elle) est branché sur nos pensées et nos rêves les plus intimes. C’est ce désir d’être si profondément connu qui alimente nombre de nos quêtes romantiques. Nous désirons ardemment non seulement l’amour, mais aussi sentir que nous ne sommes pas seul, que nous sommes reconnu et transparent pour l’autre. Toutes les fois que les hommes et les femmes parlent d’« alchimie », une des choses qu’ils veulent exprimer, c’est qu’ils éprouvent un sentiment de reconnaissance, ont conscience d’être semblables, d’être des « âmes sœurs ». C’est pourquoi nous supposons que notre partenaire nous connaît, nous comprend, et peut connaître à l’avance nos pensées et nos émotions. Et lorsque cela ne se passe pas ainsi, nous nous sentons triste, déçu et même trahi. Mais, pour autant que nous le voulions, un partenaire ne lit jamais nos pensées. Nous ne pouvons pas partir de l’hypothèse qu’un partenaire connaît toujours nos désirs, nos espoirs et ce qui nous a blessé. Finalement, nous avons la responsabilité de nous faire connaître de ceux que nous aimons. Les personnes qui ont besoin d’être comprises, mais ne font rien pour que ça se produise, se préparent à jouer les victimes. Certains pensent qu’il y a un risque à avouer leurs besoins à leur partenaire même s’ils obtiennent satisfaction. Les hommes et les femmes qui ont cette impression croient qu’un présent d’amour doit indiquer le degré de sensibilité et d’intuition de leur partenaire, alors que l’opposé est en réalité plus juste. Lorsque vous dites à un homme ce que vous désirez et qu’il répond à votre demande, c’est là le véritable signe qu’il vous aime. Anticiper vos désirs, lire vos pensées, tout cela est un fantasme ; un partenaire qui vous aime assez pour vous écouter et répondre amoureusement est un trésor. Les hommes et les femmes qui sont compris de ceux qu’ils aiment parviennent à ce résultat en faisant connaître qui ils sont. Ils n’attendent pas passivement une sorte d’intuition magique de la part de l’être aimé. Lorsqu’il n’y a ni partage ni révélations sincères, seul existe le risque de malentendus, d’incommunicabilité et de conflits.

Règle n° 6 : CE N’EST PAS CE QU’ON DIT, C’EST CE QU’ON FAIT

La sagesse conventionnelle veut que les relations amoureuses soient toujours enrichies par la communication et qu’elles tournent à vide lorsque le dialogue entre un homme et une femme est pauvre. Les malentendus, en effet, peuvent être clarifiés lorsque les amoureux abordent ces problèmes avec honnêteté. Lorsque les mariages sont perturbés et conflictuels, une atmosphère de froideur et de silence pèse sur les deux partenaires. Mais, s’il est souvent souhaitable d’isoler les problèmes de communication comme générateurs de conflits, il n’est pas aussi évident qu’il faille davantage de communication. En effet, les gens parlent parfois trop : ils disent une chose alors qu’ils veulent en fait en exprimer une autre, ou ils se disent des choses pour des raisons qui n’ont rien à voir avec l’envie de fournir une information ou d’exprimer leurs sentiments. Très fréquemment, la communication sert à manipuler l’autre, à faire naître en lui un sentiment de culpabilité ou à lui faire des reproches, alors même que le désir de communiquer est présenté comme positif et comme un signe d’amour. La communication, très souvent, est une arme. Dans certaines relations amoureuses, les échanges verbaux ne servent pas à transmettre une information, mais, forme subtile de coercition ou de manipulation, ils visent à changer l’autre. Pour terminer cette analyse de la relation amoureuse, nous dirons qu’elle se mesure et s’évalue en fonction de la conduite des deux parties et non seulement de leurs propos. Les actes en disent plus long que les paroles. Combien de fois avez-vous entendu des gens dire que leur partenaire promet beaucoup mais tient peu ? Les mots peuvent être chargés d’intentions, mais ce que nous faisons concrètement, après avoir parlé, c’est ce qui compte finalement. Si vous désirez que votre relation soit vivante, mieux vaut communiquer à travers des actes d’amour, d’affection et de sensibilité. Vous demander ce que vous avez fait récemment pour l’être aimé vaut mieux que de lui dire ce que vous aimeriez faire pour lui !

Règle n° 7 : LES RELATIONS STABLES SE MODIFIENT TOUJOURS

On prétend que la stabilité vient de l’équilibre, de la constance et de la permanence. On nous dit que le changement peut être dangereux et devrait, par conséquent, être évité ; que tout bouleversement devrait être minimisé à tout prix, car il menace l’intégrité et la continuité d’une relation amoureuse. On nous dit également que la relation stable est celle qui se poursuit d’année en année sans que les forces maléfiques qui pourraient la bouleverser et altérer son cours aient prise sur elle. En vérité, les relations amoureuses se modifient constamment, car nous sommes des individus fluctuants en permanence et évoluant au fur et à mesure que notre vie avance. Et il est fondamental de savoir aborder le changement de manière positive. Les couples qui connaissent des difficultés sont ceux qui opposent une résistance obstinée à toute mutation, car leur amour peut ne pas être assez fort, ne pas être un appui suffisant pour s’adapter aux conséquences imprévisibles d’un changement. Les relations durables exigent de la souplesse ; elles peuvent accueillir le changement sans peur, l’accepter et l’affronter de façon positive. Un mariage évolue et change sans cesse au fil des années. Au début, le sentiment merveilleux que nous procure le fait de tomber amoureux est étroitement lié à la nouveauté et à ce lent processus qui consiste à découvrir quelqu’un, intimement. Au commencement, nous n’avons pas peur du changement, trop occupé à jouir de la découverte d’une autre facette intéressante de notre amoureux. Puis, quelque chose de curieux se produit. Nous atteignons un point où tout semble parfait et nous voulons que tout s’arrête. Lorsque la nouveauté commence à s’user, nous pouvons même avoir l’impression que nous ne sommes plus amoureux. Mais, si nous adoptons une attitude réceptive face au changement, alors nous éprouvons un sentiment de nouveauté constamment renouvelé. Nous devons apprendre à traiter deux types de changements : notre propre évolution et les transformations que nous pouvons déceler chez notre partenaire. Prenez le risque et partez de l’idée que votre partenaire peut faire face à votre croissance, que son amour est suffisamment fort et sa confiance en vous suffisamment grande pour qu’il ne se sente pas détruit par les changements qui surviennent chez vous. Et accordez-lui le même respect et la même liberté de changer, lui aussi. Le flux émotionnel, dérivé nécessaire de l’évolution personnelle, est souvent inconfortable, mais c’est en même temps un merveilleux remède contre la routine et l’ennui qui s’installent dans toute union. Connaître des « crises » dans une relation ne signifie pas que celle-ci soit mauvaise ou sérieusement perturbée. Les plus saines connaissent des moments difficiles. Il est important de comprendre que ces crises ne traduisent pas un affaiblissement du lien, mais indiquent plutôt que quelque chose est en train de changer et que le couple doit s’y adapter.

Règle n° 8 : L’AMOUR EST TOUJOURS EMPOISONNÉ PAR L’INFIDÉLITÉ


Les rencontres et leurs bienfaits

Au cours des deux dernières décennies, le niveau de sophistication et le degré de cynisme n’ont cessé de croître. Le contrôle des naissances et la révolution sexuelle qui l’a suivi ont élargi le champ des « expériences » avec, pour conséquence, une érosion lente mais régulière de la valeur attribuée à la fidélité. C’est triste, mais nous nous sommes habitués à l’infidélité, les liaisons et les rencontres adultères étant devenues monnaie courante. Autrefois, les hommes étaient plus nombreux à s’engager dans des aventures extraconjugales ; aujourd’hui, hommes et femmes ont des liaisons de ce type, avec la même fréquence. On voulait croire que les liaisons n’étaient pas cause de souffrance pour l’autre. « Ce qu’on ne sait pas ne peut pas faire souffrir », disait-on avec légèreté. « Une liaison peut même être bénéfique pour une relation amoureuse » — c’était à la fois une excuse et un vœu pieux. Les gens se berçaient de l’idée que l’infidélité était quelque chose d’anodin : si tout le monde le fait, c’est donc normal. Faux! Alors même que l’infidélité ne conduit pas au divorce aussi fréquemment qu’autrefois, elle cause néanmoins un dommage permanent au lien amoureux. Avoir une liaison n’est pas une solution, c’est un symptôme. Les hommes et les femmes infidèles essaient de résoudre des dilemmes intérieurs en cherchant momentanément refuge dans d’autres bras. Prendre cette voie s’avère rarement efficace et, même si les apparences sont sauves, quelque chose a été détruit et c’est irréversible, y compris quand l’autre continue de l’ignorer. Il y a eu violation d’un engagement, et les conséquences en sont profondes. Lorsque nous respectons et honorons le lien du mariage, nous nous sentons en paix avec nous-même. Nous n’avons rien à cacher, ni à nous inquiéter de « dissimuler nos traces ». La déception est un acte destructeur qui n’engendre rien de positif. De plus, lorsque nous agissons malhonnêtement, nous le savons secrètement et nous nous sentons sans honneur et sans caractère. L’honneur et la loyauté sont essentiels dans toute union forte et aimante. L’honneur n’est pas seulement un concept noble et abstrait, il est partie intégrante de notre comportement quotidien. La loyauté, elle aussi, édicte des règles qu’il faut suivre ; sans quoi, l’amour est affaibli et la confiance entamée. Les valeurs traditionnelles n’ont pas été développées sans raison ni établies uniquement pour sanctifier le mariage ou pour limiter la liberté personnelle en fonction de critères moralistes. Elles ont été créées empiriquement au fil du temps et reflètent des comportements qui renforcent l’amour et non qui l’amoindrissent.

Règle n° 9 : FAIRE DES REPROCHES, C’EST ÊTRE IRRESPONSABLE

Lorsque nous vivons seul, il nous est impossible de rendre quelqu’un d’autre responsable de notre bonheur. Si nous nous sentons bien et satisfait, nous savons que cela vient de nous. Si nous nous sentons mal, nous soupçonnons aussi que les raisons nous en incombent. Nous pouvons tendre le poing avec colère contre le destin ou ruminer de sombres pensées sur notre enfance imparfaite, mais nous ne pouvons pas faire porter le chapeau à un autre pour notre déception, notre frustration et notre douleur. Mais le mariage change tout cela ! Nous l’abordons tous avec des espoirs immenses, prêts à tout tenter, avides de donner notre amour. Et que trouvons- nous? Le bonheur conjugal idyllique se transforme bientôt en bonheur imparfait lorsque nous découvrons avec surprise et un certain découragement qu’il ne comble pas nos besoins et qu’il engendre même toute une série de problèmes que nous devons affronter et régler. Le mariage crée un milieu idéalement favorable aux reproches et aux procès d’intention. Lorsque nous sommes célibataire, et... mécontent, nous disons : « Si je suis malheureux, c’est de ma faute. » Dans le mariage, cette plainte se transforme aisément : « Si je suis malheureux, c’est à cause de toi. » Le partenaire, dans le mariage, est le bouc émissaire le plus confortable. Il est toujours beaucoup plus difficile de faire de soi une évaluation critique que de reprocher quelque chose à l’autre, et beaucoup moins effrayant de trouver la faute chez « lui » : il a fait ceci ou il n’a pas fait cela... et beaucoup plus pénible encore de s’attaquer à ce que « nous » avons fait. Le reproche est tranchant et sec : c’est ta faute, simplement et totalement ta faute. Lancer une accusation violente paraît toujours plus simple que d’essayer de découvrir, dans notre comportement, la cause de notre peine. Il est plus facile de nous apitoyer sur nous-même que d’assumer la responsabilité de notre état. Le reproche engendre toujours l’échec. Il renforce la passivité personnelle et nous met en condition d’être victime de l’autre ; nous avons le sentiment d’être à sa merci. Le but du reproche, même s’il est très vaguement défini, est lié à notre envie que quelque chose change. Mais il fait toujours dépendre de l’action de quelqu’un d’autre la satisfaction de notre désir. Le reproche se caractérise par la répétition, il vise à rendre notre partenaire coupable et à lui planter un aiguillon dans les chairs. A ce jeu-là, on récolte rarement un changement positif, mais du ressentiment et une lente diminution de l’affection. Ne vous laissez pas prendre au piège de ce genre de procès, pour la bonne raison que cela ne marche pas. Dites clairement et spécifiquement ce que vous voulez et comment vous envisagez d’y parvenir. Plus nous acceptons d’être responsable de la qualité de notre vie, moins nous éprouvons le besoin de blâmer les autres et, plus important encore, plus nous sommes heureux.

Règle n° 10 : LE DON EST CONTAGIEUX

L’amour exige des moments d’altruisme et de don véritables. En l’absence de réciprocité, l’amour est davantage une étroite dépendance qu’un respect et une attention affectueuse pour l’autre. L’amour adulte entre un homme et une femme demande qu’il y ait équilibre entre le fait de donner et de recevoir, mais les moments de pur oubli de soi sont l’essence même de l’amour. Les années 60 nous ont appris à respecter nos émotions et à entrer en contact avec elles... Elles ont également fait du bonheur personnel la pierre angulaire de la relation amoureuse. Même les vœux de mariage ont été modifiés pour traduire l’importance de l’ego. C’est ainsi que : « Jusqu’à ce que la mort nous sépare », fut remplacé par la formule : « Aussi longtemps que nous satisfaisons nos besoins réciproques ». Bien que les années 60 soient depuis longtemps derrière nous, des traces de l’héritage de cette génération égocentrique demeurent. Nous nous éloignons progressivement de ce temps où les mariages se défaisaient par hasard et où le divorce était considéré comme une aventure intéressante ; mais ce qui persiste, c’est l’intérêt obstiné qu’on porte au moi et à la gratification personnelle. Pour rester amoureux, il faut plus que cela. L’amour véritable exige, par moments, que nous renoncions à nos propres besoins pour répondre à ceux de notre partenaire — pas constamment, pas unilatéralement, mais quelquefois. Le moyen le plus fort et le plus intense que nous ayons de sentir le lien amoureux consiste à donner sans la moindre trace d’égoïsme. Agir ainsi nous place directement au cœur de l’amour. En fait, nous nous sentons beaucoup plus « amoureux » lorsque nous donnons que lorsque nous sommes en position de recevoir. Dans une relation amoureuse, le don est contagieux. Il offre un modèle de générosité et d’attention qui encourage la réciprocité. Ne donnez pas pour recevoir, car ce n’est pas là de l’amour. Vous ne devez pas davantage vous autoriser à donner indéfiniment, dans le vide. Une bonne règle de conduite que nous devrions tous adopter : donner soixante-dix pour cent et demander trente.

Règle n° 11 : L’AMOUR NE PUNIT PAS, IL PARDONNE

Tout le monde commet des erreurs. Tout le monde blesse et déçoit son ou sa partenaire par moments. Nous sommes tous parfois insupportables et ennuyeux. Nous pouvons réagir à cela en développant notre capacité à pardonner, et continuer, ou accumuler progressivement du ressentiment. Il existe deux formes de pardons. Tout d’abord, il importe d’apprendre à vous pardonner à vous-même. Aucun de nous n’est parfait ; nous blesserons tous l’être que nous aimons un jour ou l’autre. Se pardonner ne signifie pas excuser ou justifier le mal que nous avons fait, mais se débarrasser des sentiments négatifs qu’engendre le fait d’avoir blessé notre partenaire. Il ne faut pas prendre cela à la légère car, en l’absence du pardon de soi, surgissent des sentiments destructeurs de culpabilité et d’autoaccusation. En second lieu, il est essentiel d’apprendre à pardonner totalement à votre partenaire. Il est normal d’avoir envie de blesser, de rendre les coups, de démontrer qu’on a raison, et même de vouloir que son partenaire avoue sa culpabilité. Tous, sauf ceux d’entre nous qui sont des anges, nous ressentons ces envies fondamentales ou plutôt justifiables en soi. Mais, en fin de compte, lorsque la colère commence à s’apaiser, il faut pardonner afin de restaurer amour et harmonie dans la relation. L’amour en est régénéré. Aussi blessé et en colère que vous soyez, indépendamment du fait que vous êtes sûr d’avoir raison et des reproches que vous seriez en droit de faire ou de votre désir de rendre les coups, vous ne pouvez pas aimer à nouveau si vous ne choisissez pas de pardonner. Le pardon est un acte intentionnel, impliquant un choix. On ne peut pas l’obtenir de force. « J’ai dit que j’acceptais tes excuses » ne suffit pas. Le pardon ne s’exprime pas en mots. Il s’agit plutôt d’un acte intérieur qui libère de la colère et de la peine. Pardonner n’est pas oublier. Ce n’est pas parce que nous classons provisoirement quelque chose ou le chassons de nos pensées que nous avons nécessairement pardonné. Pardonner n’est pas excuser, et n’implique pas de rationaliser ou, en les expliquant, de se débarrasser des sentiments douloureux. Pardonner, c’est parvenir au point où nous sommes prêts à lâcher prise et voir disparaître notre souffrance. Ce choix est indispensable si l’on veut que la relation se poursuive dans l’affection et dans l’amour. Telles apparaissent les lignes directrices qui se sont révélées efficaces pour créer un environnement dans lequel l’amour peut fleurir. Si vous mettez ces règles en pratique, sans ignorer ce qui se passe vraiment entre hommes et femmes, nous sommes certain que vous atteindrez une satisfaction et un bonheur qui méritent de tels efforts. Nous n’avons eu d’autre dessein que de montrer comment l’amour pouvait durer, comment une union pouvait être autre chose que cet exercice pratiqué dans un climat de déception et de frustration, tel qu’il apparaît de nos jours aux yeux de tant de gens. Bien que nous ayons mis l’accent sur la façon dont les hommes réagissent devant l’amour, nous espérons que vous capterez notre message essentiel : seuls les actes qui accroissent notre estime de soi, notre dignité et notre intégrité personnelle méritent, lorsque nous aimons, que nous nous y engagions. Lorsque nous nous sentons en harmonie avec nous-même, une assurance, une aisance intérieure émanent de nous qui attirent l’amour et le gardent vivant.